GRAND DISCOURS PRÉSIDENTIEl, Prononcé le 1er avril 2027 à 20 heures devant huit caméras cachées et imaginaires de l’A2-bis.
Entrée en matière :
Je me charge de trouver la solution idéale pour régler la crise dont vous, français, vous souffrez.
N’étant pas un godelureau,
Je viens de chiffrer sans finasser
A 80 000 euros
Ce que devra
Rembourser
A l’Etat
Chacun de vos enfants
Et petits-enfants.
Et je dis : ce dû
N’est qu’un début.
En effet, les caisses de ma Nation
Se dégarnissent sans rémission.
Je veux désendetter ma France
En déliquescence.
Pour arrêter l’hémorragie,
J’agis.
Dans un premier temps,
Je décide la vente des DOM-TOM.
Je nomme
Un négociateur, un battant,
L’homme de la situation parfait,
Un de mes amis Préfet.
Il a préféré partir aux champs.
L’opération a donc foiré sur le champ.
J’alerte alors le Service Immobilier
De mon Palais,
Lui demande de se réveiller,
Le charge de vendre dare-dare
Et de toutes parts,
-C’est d’une simplicité biblique-
Les appartements de fonction
Des dirigeants et employés de la République,
Les locaux désertés par mes Administrations,
Les musées nationaux,
Régionaux,
Départementaux,
Cantonaux,
Les châteaux relevant du national patrimoine,
Tous les bâtiments idoines.
Et je demande qu’on me rende compte
Sans honte
A moi,
Tous les mois
Des rentrées financières.
Or, les sbires
De ce Service laissent dormir
Les dossiers dans leurs frigidaires,
Malgré mes injonctions.
Je donne alors instruction,
-Car je sais me faire obéir
Dans mon empire-
De céder au Vatican
Tous les Centres de pratiquants :
Cathédrales, monastères,
Chapelles, lieux de prières,
Ce, en vertu de la loi sur la
Séparation des Eglises et de l’Etat,
Qui est en vigueur depuis cent ans,
Plus ou moins 124 printemps.
Je ne suis pas un type
des demi-mesures,
Je vous l’assure.
En vertu du principe :
« Chacun dans sa chacunière »
J’ai demandé à un plénipotentiaire
Qu’il agisse de la même façon
Avec les temples, les synagogues,
Les mosquées et les gogues
Aseptiques.
Je vais accélérer les privatisations :
Poste, Ratp, Sncf et toutes sociétés publiques
Je vais me débarrasser du Conseil d’Etat
Devenu obsolète. Recta !
-Je ne l’écoutais déjà pas-
Je supprime la Cour des Comptes, inutile.
Elle m’horripile.
Si ce n’est pas assez, je suis prêt à diviser
Par quatre le Sénat et l’Assemblée,
Puisque l’on va supprimer un échelon
Entre régions et cantons.
J’irai en Suisse mettre mon nez
Dans les comptes gratinés
Car ils ne vont plus rester secrets.
Je vendrai Matignon et l’Elysée
Puis j’irai m’installer
A Monte-Carlo.
J’aime bien jouer au casino.
Ainsi, l’on dira de moi :
« Il a tout essayé.
Sa politique était sensée. »
On me fera les honneurs dus à un roi,
Et en grand arroi.
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