De la perspicacité des hommes politiques (N°2)
La Résistance, n’était pas forcément gaulliste. Henri Frenay en témoignera : « A Londres, de gaulle et ses services n’ont absolument pas compris le phénomène nouveau qu’était la Résistance française incarnée par les mouvements.
Plus on s’éloigne de la guerre, plus l’opinion publique s’imagine que nous nous sommes levés à l’appel du 18 juin.
A la lecture des Mémoires du Général, on pourrait penser que c’est lui qui a inspiré, organisé et dirigé la Résistance. En réalité, un mur d’incompréhension n’a cessé de nous séparer. »
Ce qui creuse le fossé entre résistance intérieure et de Gaulle, c’est d’une part le débat sur l’opportunité d’œuvrer directement avec les Alliés et d’autre part la volonté du général d’intégrer des hommes politiques de la IIIème république au sein de son embryon de gouvernement.
Ce n’est qu’en Mai 1943 que Jean Moulin est nommé à la tête du Conseil national de la Résistance. En Juin, il est arrêté. Sous son successeur, Georges Bidault, ce Conseil ne constitue plus qu’une façade.
Côté intelligentsia, c’est pas mal non plus, oyez plutôt :
En 1940, le romancier Alphonse de Châteaubriand (prix Goncourt 1911) fonde La gerbe, hebdomadaire collaborationniste. Dès 35, séduit par le nazisme, il écrivait : « Hitler est immensément bon, Hitler n’est pas un conquérant, il est un édificateur d’esprrit, un constructeur de volontés. »
Revenons aux politiques et sautons quelques années. Il s’agit encore du général de Gaulle :
Jusqu’en 1958, même à gauche, ceux qui songent à l’indépendance de l’Algérie sont une poignée. En mars 59, il déclare à Alain Peyrefitte : « C’est très bien qu’il y ait des français jaunes, des français noirs, des français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Les Arabes sont des Arabes, les Français, des Français. »
(Jean Sévillia)